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149575

(1966) Jalons, Dordrecht, Springer.

Maurice Merleau-Ponty

Mikel Dufrenne

pp. 208-221

Lorsque nous a frappés la nouvelle de sa mort, nous avons tous eu le sentiment d'une injustice: Merleau-Ponty mourait sans avoir pu dire son dernier mot. Mais peut-être l'amitié l'emportait- elle alors sur la raison: nous savons bien qu'il n'y pas de dernier mot, que nulle mort ne vient à son heure, et que nulle pensée ne s'achève. Une œuvre est toujours un projet. Et peut-être faut-il d'abord dessiner de Merleau-Ponty le portrait que lui-même faisait de Husserl: «L'inachèvement de la phénoménologie et son allure inchoative ne sont pas le signe d'un échec; ils étaient inévitables parce que la phénoménologie a pour tâche de révéler le mystère du monde et le mystère de la raison (1)». Nul mieux que Merleau- Ponty ne manifeste cet effort de la philosophie moderne pour refuser les tentations du système et même des majuscules, pour surprendre la genèse du sense à ras de l'homme au lieu de la déployer arbitrairement dans un ciel métaphysique. Mais sa recherche s'exprime dans une œuvre. Cette œuvre existe dans une histoire qu'elle a contribué à animer et à laquelle elle restera présente. Si singulière qu'elle soit, ce ne sera pas lui faire injure que de la confronter d'abord avec d'autres, avec celles de Husserl et de Sartre en particulier.

Publication details

DOI: 10.1007/978-94-010-3575-0_11

Full citation:

Dufrenne, M. (1966). Maurice Merleau-Ponty, in Jalons, Dordrecht, Springer, pp. 208-221.

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